D’où vient le goût du dessin ?

L'épisode 4 de La Renarde, à découvrir dimanche 19 juin, évoque largement Serge Tisseron, et un texte fondateur autour du dessin et de la psychanalyse. Un long extrait est d'ailleurs proposé en accès libre dans la malle de l'épisode.

Tous les enfants dessinent, puis vers 7 ans, la plupart s’arrêtent. D’un côté, c’est bizarre que le monde de l’enfance soit à ce point homogène, c’est comme si dessiner était aussi fondamental que parler, marcher. Quant à s’arrêter, j’entend généralement incriminer le système scolaire français, trop normatif, trop axé sur la compétition, laissant trop peu de place à l’enseignement artistique.

Le texte du psychanalyste Serge Tisseron, que nous publions dans cet épisode 4, raconte tout autre chose. Ce texte était niché tout au fond d’un livre consacré à Tintin, en fait surtout à son auteur, Hergé. Selon Serge Tisseron, dessiner correspond à l’élaboration de l’œdipe chez l’enfant, c’est-à-dire à se séparer de sa mère, à réaliser peu à peu que l’on est une personne autonome. J’ai trouvé ce texte en 1985 et depuis je n’en ai pas repéré d’autres sur les enjeux, le sens du dessin pour les enfants. Peut-être en connaissez vous ?

Croquis d'une trisaïeule gommée de la mémoire familiale
Croquis d'une trisaïeule gommée de la mémoire familiale

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En tout cas, j’en ai tiré le raisonnement suivant : 7 ans, en principe, c’est fait, la mutation est accomplie et il est par conséquent normal que les enfants cessent de dessiner, l’école n’a rien à voir avec cela. Mais alors, tous ceux qui continuent à dessiner seraient ceux qui « rament » encore à se sentir séparés de leur maman ? Comme j’en fais partie, la nouvelle n’est pas très bonne. Mais c’est vrai que j’ai pu constater que mon impulsion à dessiner s’était émoussée avec le travail que j’ai fait en analyse.

Tout de même, il me semble que cette explication psychanalytique n’explique pas tout. On parle du don du dessin, on fait des liens entre personnes d’une même famille qui eux aussi aurait le « don ». Dans les milieux artistiques, on élude cette question du don, on met l’accent sur le travail, sur la fibre personnelle de l’artiste et « ce qu’il a à dire ». C’est vrai aussi. Mais qu’est ce que le talent alors ?

J’ai été étudiante aux Beaux-arts et sur la trentaine de personnes de l’atelier, bon nombre d’entre elles ne me semblaient pas être dépositaires de ce fameux don. J’avais plutôt l’impression qu’elles étaient là par peur du monde du travail. Un moment, le cours a consisté à dessiner un modèle vivant 3 heures chaque matin pendant un mois. Au bout d’un mois, tout le monde sait dessiner, les proportions sont justes. Mais les différences de personnalité sont là d’une manière éblouissante, aucun dessin ne se ressemble : les traits sont épais ou légers, une seule ligne ou de multiples cisaillements, etc. Certains sont émouvants, d’autres non. Alors que se passe-t-il ? Je sais qu’on met là dessus le mot sensibilité, mais cela ne m’amène nulle part, c’est trop fourre-tout. Et quel est le rapport avec l’œdipe… ?

En attendant dimanche 19 juin

Un avant-gout de ce qui vous attend dimanche prochain avec cette bande annonce de l'épisode 4. 

Et pour patienter, n'hésitez pas à partager la page La Renarde sur FaceBook et Twitter ! La Renarde a besoin de votre soutien et de vos commentaires pour se faire connaître au plus grand nombre !

Le Général Boulanger, un mélanchoniste ? Réponse le 12 juin – épisode 3

Un personnage subliminal apparait dans l’épisode 3, une figure historique de la seconde moitié du XIXe siècle: le général Boulanger.
C’est un autre général, également historien qui le donne à connaître dans la Renarde, le général André Bach, que nos abonnés, les renardiens, ont déjà croisé à propos du début la guerre de 1914.

Le General Boulanger apparaît dans l'intrigue
Le General Boulanger apparaît dans l'intrigue

Dans le livre numérique, il détaille plus longuement l’itinéraire curieux de ce général qui faillit prendre le pouvoir et renonça à faire un coup d’état.
Il apparaît dans les livres d’histoire grand public comme un réactionnaire et dans les livres spécialisés comme un homme de gauche.

Comme vous sans doute, je ne savais rien de ce personnage historique avant de plonger dans la fabrication de La Renarde.

Voici un extrait des propos tenus par le Général Bach, qui situent Boulanger dans son contexte :

"Il est resté ministre de la guerre trop peu de temps pour que les effets en soient visibles, mais il a bel et bien tenté de casser le système. Dans une optique d'extrême gauche, l'armée était l'obstacle à l'arrivée des masses au pouvoir. Il fallait absolument casser l'oligarchie du système, basé sur les familles nobles ou des officiers issus de Saint-Cyr ou de Polytechnique qui avaient pour projet de conserver le pouvoir par la connaissance. Boulanger cherche à en sortir, il est proche en cela des positions actuelles d’un Jean-Luc Mélanchon."

La création de l’école libre des Sciences Politiques, Sciences Po, est issue de ce même réflexe oligarchique. Ce sont des gens qui, après 1870, se disent : On rentre dans la démocratie, on risque de se faire étouffer... Il faut faire un effort de formation et de développement de compétences pour montrer que nous sommes encore les leaders. (…) si la classe dirigeante ne montre pas qu'elle possède des compétences supérieures aux autres, ne serait-ce que par la formation, elle aura du mal, en régime vraiment démocratique, où chaque voix compte, à conserver le pouvoir. L’époque peut ainsi bien aspirer à la démocratie, le seul moyen de l'éviter, c'est de montrer qu'il y a une classe supérieure... »

L’arrivée de Jean-Luc Mélanchon dans la Renarde était un peu inattendue, mais la problématique politique de notre époque ne paraît pas très différente de celle de la seconde moitié du XIXe siècle, telle que la brosse le général Bach. Le terme de démocratie a connu une belle fortune mais l’oligarchie est toujours aussi présente, elle s’est juste dissimulée durant un siècle. Cela commence à se savoir. Cela suffira-t-il à faire craquer le système ? Depuis la fin de l’union soviétique, je tiens pour acquis que les systèmes s’effondrent de l’intérieur…

Le général Bach et le général Boulanger vont revenir à de multiples reprises dans les épisodes suivants sans se croiser… Mais la clé de la présence du général Boulanger dans la Renarde ne vous sera donnée qu’au dernier épisode…

14-18Hebdo.fr, un blog à découvrir très vite !

À l'occasion de l'épisode 2 de La Renarde, à voir ce soir sur le site, qui introduit le thème de l'histoire militaire, nous avons eu le plaisir de collaborer avec le blog 14-18Hebdo.fr, pour un article sur les prisonniers de guerre. L'auteur du blog nous parle de son projet.

Blog 14-18Hebdo
14-18Hebdo.fr : 223 épisodes pour 223 semaines de guerre

14-18Hebdo.fr, c'est une plongée dans la vie des Français pendant la Grande Guerre à travers les journaux et des lettres familiales. La mise en ligne de chaque épisode est prévue chaque samedi depuis le 2 août 2014, le 1er épisode, jusqu’à mi novembre 2018 (sauf cas de force majeure !).

Ce blog est devenu rapidement un site de « Mémoire familiale », toutes familles confondues, la mienne bien sûr au départ, mais aussi celles d’autres familles.

Le point commun pour tous mes contributeurs, c’est la mise en ligne de témoignages d’époque (carnets de guerre, cahiers de souvenirs, journaux intimes, correspondances, …) et non des points de vue d’historiens d’aujourd’hui.

Le but n’est pas d’expliquer la guerre mais de faire revivre des personnes qui sont souvent complètement oubliées et de partager leur quotidien.

RDV Dimanche 5 juin pour l’épisode 2

Dans ce 2ème épisode, l'arbre généalogique de l'auteure commence à se dessiner : une tante raconte qu'en 1914, les habitants de Cocherel en Seine-et-Marne se sont enfuis devant l'avancée des allemands.

L'arbre généalogique commence à prendre forme
L'arbre généalogique commence à prendre forme

En parallèle du récit, une malle propose des contenus additionnels, on pourra alors découvrir un premier éclairage du général André Bach sur la Bataille de la Marne, le siège de Maubeuge et l'esprit de l'armée française en 1914.
Son éclairage d'ancien professeur de tactique à l'École de Guerre est à retrouver dans d'autres épisodes à venir...E2.General Bach armée en 14 Quant aux fantômes du passé, ils commencent à faire surface...

2.Bruno C secret affect

 

 

Auto-fiction et histoire vraie, laquelle est plus écoutée ?

Dans le documentaire d'auteur, qui est actuellement peu présent sur les chaînes de télévision, l'auteur se prend comme sujet d'observation. Il ne s'agit pas d'être narcissique, mais de trouver la longueur d'onde qui va faire écho chez les gens.Essayer de ré-inestiguer sa propre histoire, soit dans l'imaginaire, soit dans le vécu,, ce n'est pas sis simple, c'est l'affaire d'une vie !

L'arbre généalogique commence à prendre forme
L'arbre généalogique commence à prendre forme

A priori, La Renarde se situe dans la catégorie « autofiction », une catégorie que l’on appelait autrefois autobiographie. Je ne sais pas quand a eu lieu le glissement d’un mot à l’autre, ni à quelle nécessité sémantique cela a correspondu. Si j’y réfléchis, cela me suggère que biographie n’est plus adéquat pour parler d’un genre qui fleurit depuis une ou deux dizaine d’années ? Mais pourquoi parler de fiction, que j’oppose au terme de réel?

Il y a régulièrement dans mon existence des personnes qui décernent des diplômes de réel, toujours pour me dire que je n’y suis pas – ce qui sous entend qu’elles, elles le sont. Cela m’a toujours laissée perplexe. Bien sûr, j’ai vécu la perte d’illusions – c’est assez douloureux ! – et j’y vois un marqueur de ce fameux réel. De mon côté, j’ai pu penser que certaines personnes allaient « droit dans le mur » et parfois la suite des évènements m’a donné raison. Mais, assez souvent aussi, c’est moi qui me suis trompée, ce qui fait que j’en suis maintenant au stade où je trouve l’existence quelque chose de bien plus mouvant et ouvert que ce que m’a laissé croire mon éducation.

Dans son livre, D’après une histoire vraie, Delphine de Vigan s’interroge sur cette petite formule que l’on voit paraître maintenant un peu partout au cinéma, en littérature, dans la bande dessinée. Elle est manifestement rajoutée par le distributeur ou l’éditeur et ce serait un argument convaincant, repéré par le marketing. Pour ma part, je mets surtout cet intérêt pour les histoires vraies en relation avec la pauvreté des scénarios de films ou de téléfilms. Dans ces récits, les êtres ne s’échappent jamais de leur catégorie sociologique : mère ou père d’une famille recomposée avec adolescent à problème, ouvrier licencié forcément malheureux et/ou en colère, homme ou femme qui doit apprendre à vivre avec une maladie grave.

Si je me réfère à mon expérience personnelle – c’est la seule dont je dispose ! – la réalité est bien plus vaste : je ne suis pas qu’une personne inquiète de son licenciement, je suis en même temps une personne soulagée de l’être (peut-être), une personne qui accumule chaque journée des milliers de sensations, perceptions, rêveries etc. Mon quotidien n’a pas l’intensité des évènements présentés dans les films, mais il a de la saveur tout de même.

L’autre chose des histoires non vraies est que la résolution du problème est présentée comme venant de l’extérieur. Or, j’ai constaté que c’était à peu près toujours l’inverse, elle vient de l’intérieur. C’est moi qui me suis mise à voir les choses différemment et ai remodelé mon rapport aux autres. De fait, certaines situations qui paraissaient bloquées se sont dénouées, d’autres ne se reproduisent plus. La caution D’après une histoire vraie serait alors la promesse d’un récit prenant en compte un peu plus des multiples strates de la réalité ?

Cela, c’est en tant que lecteur ou spectateur. Si je change de place et prend ma casquette d’auteure, je dirais que l’autofiction pose un autre problème, celui de la bonne distance. L’histoire personnelle que je raconte, mûe par une nécessité profonde, n’est là en fait que pour servir d’exemple, pour permettre à chacun d’ouvrir la porte de son imaginaire. Les petits détails concrets sont importants car ils sont un ancrage dans le fameux réel ; l’ellipse, qui est un des piliers de l’art du cinéma, donne à comprendre l’enjeu, la problématique, les grandes lignes ; elle évite d’être trop littéral. C’est un exercice très délicat, très subjectif, souvent raté.

Pendant longtemps, par exemple, j’avais une conviction : la Renarde était une histoire familiale, il fallait éviter d’utiliser les photos de famille, qui aurait enfermé dans l’histoire spécifiquement Arnold. Mais pourtant… je voyais bien que j’étais fascinée par les films de famille en super-8, et que cette fascination était partagée. Est ce la facture imprécise du super-8, son grain, le bougé de l’amateur qui avait tourné les plans, je ne saurais le dire, mais cela marchait à tout les coups. J’ai finalement choisi d’insérer des photos de famille, mais en les détourant, en isolant la partie qui m’intéressait, pour lui faire quitter le registre personnel, en faire autre chose. C’est à vous maintenant de me dire si le choix est judicieux.

J'ai détouré les photos pour les sortir de leur contexte
J'ai détouré les photos pour les sortir de leur contexte personnel

En tout cas, je sais la sanction rapide: trop près ou trop loin, trop littéral ou trop distancié, le spectateur s’ennuie et abandonne. Au cinéma comme en psychanalyse, mais peut-être dans toutes les expressions artistiques, la capacité à faire transfert est la clé. Le cinéaste, l’auteur en général, est un canal. La forme permet de toucher le fond.

J’aime aussi beaucoup quand on analyse une image, que l’on met des mots, que l’on attire l’attention sur ce qui est visuel. C’est ce qu’a fait durant le tournage, spontanément, le lieutenant-colonel Fredéric Medard devant les photos de mon arrière grand-père prisonnier en Allemagne.
Les costumes lui ont permis de raconter tout un arrière-plan que je ne connaissais pas. Nous en avons fait une des bulles du chapitre 4.

Cela m’a fascinée parce que le langage visuel correspond pour moi à ce qui est interdit de dire avec des mots. Ce n’est pas un message que l’on travestit, déguise consciemment, une poupée que l’on habille ; c’est quelque chose qui ne passe pas par le conscient pour se dire. J’ai longtemps été peintre et c’était comme cela que cela marchait pour moi. Avec le cinéma, il faut être conscient du langage des images que l’on met en place. Il ne doit pas contredire celui des mots sous peine de perdre le spectateur - sauf s’il s’agit d’une intention précise. Le pire est d’être redondant que l’image et les mots disent la même chose, je crois même que c’est précisément ce qui rend un film mauvais.

Dans la Renarde, la bande son entraîne la bande image, alors que l’on est surtout habitués à ce qu’elles soient synchronisées. J’ai écrit le texte très tôt en sachant que je voulais en faire un film, et on m’a souvent demandé à cette époque pourquoi j’avais besoin de mettre des images là-dessus. J’ai ensuite accumulé pendant plusieurs années des images, filmant, le plus souvent avec un appareil photo, des situations qui me touchaient, m’inspiraient, sans en savoir davantage. Lorsque « cela » a été mûr, le montage s’est fait en deux temps. Il y a eu une première phase intuitive, où je mettais sur le texte l’image qui me venait en tête. Puis une seconde phase analytique, où j’ai analysé le sens de ce que j’avais fait et l’ai structuré.

Je me suis rendue compte qu’il y avait beaucoup d’animaux, même si ce n’était pas Maus (la bande dessinée). Il y avait déjà la renarde, apparue dès le début, les moineaux, le grand duc, la grenouille, le chat et surtout le cheval. Si les premiers ont été des opportunités de tournage, le cheval a été une vraie intention et souvent aussi un vrai casse-tête. J’étais aussi obsédée par la statue malhabile de petit cheval dans le parc de Valency à Lausanne qui correspond à un souvenir de ma toute petite enfance: un soir de premier août (la fête nationale suisse), la lune se reflétait dans l’eau. Plus tard, est venu se coller sur ce souvenir un koan zen (petite maxime) : si le sage montre la lune, le fou regarde le doigt. J’y entends le nécessaire décollement par rapport au réel, la nécessité de symboliser sous peine de devenir fou. J’ai filmé ce petit cheval de pierre très souvent. Il n’a vraiment rien de la statue équestre de Louis XIV place des victoires à Paris, ni même de celle, moins glorieuse, de la place des Vosges. Le sens du cheval est peu à peu apparu : il représentait l’indice d’une filiation cachée autour de l’arrière grand-père. Indices, c’est bien ce que sont les animaux dans cette histoire. Et le film terminé, c’est bien ce qu’apportent les images : des couches de sens supplémentaires.

Épisode 1 « quand je ne savais rien »

Ça y est, le premier épisode de La Renarde est en ligne ! (avec les premières minutes en accès libre). Dans celui-ci, il est question de l'origine de la démarche, et du cadre de cette enquête fascinante.

La narratrice se remémore les maisons familiales qui ont compté pour elles. L’une d’entre elle a été vendue il y a bien longtemps mais demeure toujours présente dans l’imaginaire familial : elle est située en Seine-et-Marne, dans le village de Cocherel, tout près de Meaux.

 

On y rencontre aussi :

  • Nathalie Heinich, pour une approche sociologique des rapports maisons-familles

    L'interview est à retrouver dans la malle de La Renarde
    L'interview est à retrouver dans la malle de La Renarde

Anne Debarre, architecte, donne un éclairage historique de l'architecture domestique et l'évolution des habitations dans leur contexte social.

Le rapport maison & territoire dans l'histoire
Le rapport maison & territoire dans l'histoire
  • Une introduction à la psychanalyse transgénérationnelle avec Bruno Clavier et Danièle Flaumenbaum
Une introduction à la psychanalyse transgfénérationnelle
Une introduction à la psychanalyse transgénérationnelle

Pour s'abonner, et soutenir le projet, rendez-vous sur le site. Retrouvez les anecdotes du tournage dans la rubrique making of du blog.

Au sujet des animaux et des arbres

La référence au renard 

Cette histoire spartiate racontée au début de l'épisode est finalement un écran de fumée, une autre version, bien plus belle, m’a été révélée à la fin du montage… Mais il est trop tôt pour la dévoiler !

Au début, bien sûr, je pensais filmer un renard, mais le seul que j’ai vu était en train d’être dévoré par des chiens ! Et il n’existe pas d’élevage de renard, c’est un animal qui ne se laisse pas domestiquer ou élever… d'où l'idée du masque.

le masque du renard
le masque du renard

 

Et les oiseaux ?

Comme les renards, les moineaux sont des espèces libertaires qui se laissent mourir plutôt que de vivre en captivité. Je n’aurais jamais pu mettre en scène ce moment. Mais j’y étais, je l’ai filmé, et il trouvé sa place dans le film bien plus tard.

Le cheval

La statue du petit cheval dans l'épisode 1 se trouve dans un parc, à Lausanne, et c’est un de mes premiers souvenirs d’enfance. Je me souviens de la lune qui se reflétait dans le bassin. La sculpture était malhabile, elle me semblait faite pour les enfants. Pendant longtemps, je n’ai pas su pourquoi je revenais inlassablement filmer cet endroit. Disons que, dans la construction du film, elle est un indice de la présence des ancêtres...

Les arbres

Tout au long des cinq années de gestation de ce projet, j’ai filmé une sorte de collection d’arbres : la forêt limousine, les arbres tourmentés du plateau de l’Aubrac ; le vert incroyable, la mousse, de ces arbres qui ont l’air de sorcières, dans un air saturé de pollen, quelque part près de Rocamadour…

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Cocherel

Cocherel est situé sous un couloir aérien… Difficile d’avoir des moments bucoliques, mais au montage le son de ces avions donnait une ambiance un peu étrange, qui allait bien au film.

Revenir sur les traces du passé, à Cocherel
Revenir sur les traces du passé, à Cocherel

Une des premières fois où je suis allée à Cocherel, j’ai pu parler avec la propriétaire et elle m’a fait entrer dans la maison. Ensuite, je crois qu’elle ne m’a pas reconnue et qu’elle s’est inquiétée de me voir rôder autour de chez elle. Lorsque nous sommes allés tourner à Cocherel, je me suis sentie incapable d’y rentrer et j’ai préféré reconstituer le souvenir en maquette.

la maison de Cocherel se reconstruit en maquette
la maison de Cocherel se reconstruit en maquette